L’évolution d’un cours d’eau et de son porte-parole

Tout a commencé avec le creusement d’un fossé qui devait transporter le lixiviat de la décharge municipale de North Vancouver à Lynn Creek. Ce fut la principale initiation de Zo Ann Morten en tant que gardienne de saumons. On était en 1989 – et la première étape était de creuser le fossé à la main.

Zo Ann et son collègue Curry Grass, se mirent au travail avec un petit groupe de bénévoles. Ils se retrouvèrent la plupart du temps dans la boue jusqu’aux genoux, mais en l’espace de deux ans ils avaient créé un ruisseau d’eau douce et un habitat pour les saumons dans un terrain qui avait été littéralement dévasté.

Le ruisseau Morten fait partie du programme fédéral de mise en valeur des salmonidés de Pêches et Océans Canada et est membre de l’association North Shore Streamkeepers. C’est un exemple d’un programme de gardiens de cours d’eau et d’écloserie à petite échelle qui a réussi à rouvrir les routes de migration qui avaient disparu au fur et à mesure de l’extension des zones urbaines, permettant ainsi aux saumons de retourner dans leur lieu de ponte naturel dans le bassin hydrographique de Lynn Creek.

Les bénévoles ont appris énormément pendant les 30 dernières années – sur les écosystèmes et sur la manière dont des centaines d’éléments naturels s’entrecroisent. « Donnez-moi une roche et maintenant je peux vous parler pendant des heures. » dit Zo Ann qui en ramasse une et souligne l’importance de la petite bête qui se trouve dessous.

La Municipalité de North Vancouver a nommé le ruisseau en l’honneur de Zo Ann en témoignage du travail qu’elle a dirigé et des résultats qui ont été obtenus. Maintenant, chaque année, les saumons coho sauvages retournent dans le ruisseau Morten pour frayer et les alevins – ou jeunes saumons – qui éclosent y passent une partie de leur vie.

Si le projet a revitalisé un réseau de saumons, il a aussi fait la même chose pour la communauté humaine. Jan et Doug travaillent comme bénévoles presque tous les jours depuis 12 ans. Pour Doug, qui était pêcheur dans les années soixante-dix, s’occuper du ruisseau et de ses saumons, c’est une manière de redonner à la nature.

Les étudiants en biologie et en activités récréatives et les élèves-ingénieurs passent tous du temps près du ruisseau dans le cadre de leurs études – et à 97 ans, Howie s’arrête une fois par semaine, avec ses copains Tom, Bob et leurs chiens, pour voir ce qu’ils peuvent faire. Les bénévoles, qui sont environ une vingtaine, assurent des heures régulières pendant la semaine et pour les activités spéciales d’une journée, jusqu’à une centaine de membres de la communauté donnent un coup de main.

Quant à Zo Ann, après avoir attaqué ce premier fossé, elle a dirigé la Pacific Streamkeepers Federation et maintenant, elle défend les intérêts des saumons sauvages et des programmes qui les soutiennent au plan municipal, provincial et fédéral.

Un réseau de saumons – oui, tout à fait.